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Landerneau


Située à l'embouchure de la rivière Elorn qui sépare le pays de Léon de la Cornouaille, la ville de Landerneau, cité de la lune, fut fondée sur l'ermitage (lann) de saint Ténénan (ou Terneau, Ternoc ou Tinidor) né dans l'île de Bretagne et débarqué au VIIe siècle en Bretagne armoricaine, d'où son nom Lan-Ternoc.

Membre de l'Union des Villes d'Art et d'Histoire de Bretagne, Landerneau, « Ville Historique », a su préserver son patrimoine, qui témoigne de la richesse de la cité portuaire.La ville connaît une période de forte prospérité aux XVIe et XVIIe siècles grâce au commerce du lin. Landerneau003.jpg

Le Pont de Rohan est l'un des derniers ponts habités d'Europe. Sous ses arches, les eaux douces de l'Elorn flirtent avec les eaux salées de la mer.

La lune, symbole de la ville depuis le XVIIe siècle, apparut dans les armoiries lorsque le seigneur de Rohan dut remplacer le soleil qu’il arborait jusqu’alors pour ne pas contrarier Louis XIV. Depuis, on la trouve déclinée sur les maisons, dans les pâtisseries et même jusque dans le nom du festival qui anime la ville au début de juillet : Kann al Loar, le "chant de la lune".


De part et d'autre, les ruelles, chargées d'histoire, se découvrent pas à pas, au gré de la multitude d'édifices remarquables qui jalonnent la ville : les maisons des 16ème et 18ème siècles, les églises St-Thomas et St-Houardon.

Le musée de plein air à Landerneau vous invite à découvrir le patrimoine de la ville, le long de ses ruelles pavées.


L'architecture et l'histoire

Landerneau musée de la pierre en plein air.

Le sous-sol de Landerneau est dépourvu de granites ou d’autres roches susceptibles de livrer de belles pierres de taille.Landerneau048.jpg


Les versants de la vallée de l’Elorn ne fournissent que des moellons de schistes gris-bleu, de dimensions réduites et informes, recherchés pour l’édification des murs (église Saint-Thomas, au XVIe siècle).

Plus au Nord, affleurent des gneiss écrasés dont le feuilletage facilite l’obtention de médiocres moellons (clôture du Couvent du Calvaire).Vers le Sud, en Cornouaille, les quartzites blancs, dits de La Roche-Maurice, sont inaptes au façonnement ; aussi malgré sa proximité et son inaltérabilité, ce matériau n’a guère été apprécié (5, venelle Sainte-Anne) ; de même, les quartzites gris-vert, dits de Plougastel, livrent des moellons (rue du chanoine Kerbrat).

Plus loin vers le Nord, sur le plateau du Léon, appel pouvait être fait à diverses roches intrusives de bonne qualité, mais qu’il fallait acheminer par charrois : granite porphyroïde blanc-gris de Kersaint (église de Saint-Houardon) ; granite fin gris clair de Kersaint (église de Saint-Thomas) ; monzodiorite grisâtre de Plouneventer, aux enclaves ovoïdes, lui conférant un aspect tacheté (actuelle mairie).

Toutefois, avec l’emploi de ces seuls matériaux, le bâti landernéen n’aurait guère présenté son charme indéniable. Il a fallu quérir dans le passé, diverses roches de qualité exceptionnelle que la situation de la cité, au fond d’une ria navigable, permettait d’acheminer facilement par voie d’eau, évitant ainsi de pénibles et dispendieux charrois.




La pierre jaune de Logonna

Landerneau077.jpgCe microgranite, bien caractérisé par sa teinte chaude et ses cernes subconcentriques brunâtres d’hydroxyde de fer, est extrait de la carrière du Roz, exploitée dès le Moyen Age et toujours en activité aujourd’hui.

Cette pierre illumine, depuis des siècles, les constructions les plus diverses : l’église Saint-Thomas et l’ossuaire tout proche (1635), de belles demeures comme la maison dite de la Sénéchaussée (1664), la maison Duthoya (1667), la maison Gillart sur le pont de Rohan (1639), les manoirs de Penanru ou de la Petite Palud.

Mais d’autres microgranites de la rade de Brest, de qualité inférieure, fort sensibles à l’altération météorique, ont été aussi employés, pour la maison Notre-Dame de Rumengol (1668).

Par ailleurs, l’Ile Longue livrait sous l’appellation de « porphyre », des pavés renommés, et l’île Trébéron, de bons moellons pour le quai du port.


Les divers kersantons

On retrouve également dans les murs de la ville les kersantons, noirs à grain fin ou grossier ; gris et gris-bleuté, des diverticules orientaux de la rade de Brest pour le grand porche de Saint-Houardon (1604), des inscriptions lapidaires, la fontaine de la place des Quatre Pompes (1774), les bornes en bordure du quai de l’Elorn, le pont-biais du chemin de fer à la sortie de Landerneau, le cloître du Couvent du Calvaire, des habitats divers, le monument aux morts et l’art funéraire…

Landerneau081.jpgMais on utilise aussi le granite à gros feldspaths roses de l’Aber-Ildut pour les aménagements portuaires et pour de nombreuses demeures dans les rues Romain-Desfossés et des Déportés… ; les granites blancs de l’Aber-Ildut, extraits à Plouarzel, dans la construction du couvent des Ursulines et, moins connu, le granite blanchâtre de Trégana pour le couronnement de la murette le long de la rue du Docteur Pouliquen.

Dans le passé, il a été fait appel, exceptionnellement, au calcaire gris-bleu de la rade de Brest, notamment dans une demeure du XVIe siècle, n°37 quai de Cornouaille, le petit manoir de Keranden, une maison de la rue François Pengam (1662) ou encore pour les pierres d’angle de la maison Duthoya.

Avec l’affranchissement du handicap de la distance, à partir de la fin du XIXe siècle, divers granites distaux ont été utilisés à Landerneau comme le granite de Cléder, blanc gris très clair, à Keranden en 1904, au manoir de Penanru lors de l’adjonction d’une aile occidentale, pour une maison à proximité de la gare, qui présent une curieuse association à la brique et à la céramique.

Plus tardivement, on emploie le granite du Huelgoat, caractérisé par ses cristaux rectangulaires de cordiérite gris sombre, pour le bâtiment des PTT « Lignes à grandes distances » ou le nouveau pont sur l’Elorn, puis le granite de Dinan, gris clair, à légère nuance bleutée pour le bâtiment de La Poste.

Faute de place, il s’avère presque impossible d’évoquer les autres roches utilisées à Landerneau telles que le quartz blanc, local, le schiste bleu sombre extrait au Sud de la cité, le monzodiorite bleu noir de Ploudaniel, le clair granite à tourmaline de Mespaul, le « gris celtique » aux énormes feldspaths blanchâtres du massif de Quintin, le granite bleuté de Lanhélin ou le tuffeau du Val de Loire…

Landerneau104.jpgEn un mot, par le grand nombre de roches utilisées dans ses édifices pendant des siècles, Landerneau se présente aujourd’hui au visiteur comme une sorte de musée de la pierre en plein air.

Mieux, par le choix délibéré de certains matériaux régionaux de qualité exceptionnelle – pierre jaune de Logonna, sombre kersanton de la rade de Brest, granite rose de l’Aber-Ildut – la cité apparaît comme un authentique reflet, singulièrement contrasté et transfiguré par le façonnement, de la palette du riche sous-sol de Basse-Bretagne.

Un des points les plus frappants demeure le polylithisme assez général des édifices landernéens, c’est-à-dire l’emploi, dans une même construction, de pierres offrant des différences de composition et de provenance.

Le cas extrême est sans doute offert ici par l’église Saint-Houardon.

L'architecture et l'histoire de
Louis CHAURIS Directeur de Recherche au C.N.R.S. (E.R.)
Des informations plus détaillées sur les pierres utilisées dans les édifices landernéens sont présentées dans plusieurs articles de l’auteur, publiés dans « Le Courrier du Léon/Le Progrès de Cornouaille » : 6, 13, 20 et 21/11/1993 ; 18/12/1993 ; 1 et 8/01/1994 ; 21 et 28/03/1998.



Landerneau: une ville pont

Fleuron du patrimoine landernéen, le pont de Rohan est l'un des rares et derniers ponts habités d'Europe.Landerneau066.jpg

Reposant sur six arches, le pont enjambe l'Elorn, marque le lien entre la mer et la rivière (la marée montante parcourant aisément les 10 km qui séparent l'estuaire de l'Elorn à la rivière) et établit la limite entre le Léon (au nord) et la Cornouaille (au sud).
D'après ce dicton breton "quand je suis sur le Pont de Landerneau, j'ai un pied en Léon et un autre en Cornouaille".

La structure urbaine de la ville se définit autour du Pont de Rohan, passage obligé entre deux quartiers, Saint-Houardon et Saint-Thomas, et deux régions, le Léon et la Cornouaille.

Reposant à la croisée de deux territoires, cet ouvrage est également un point de rencontre entre une rivière (l'Elorn) et la mer (l'Océan atlantique).

Un premier pont existe sans doute dès le XIIe siècle, avec certitude en 1336. Il ne s'agissait alors que d'un simple pont de bois, mais en 1510, Jehan II, Vicomte de Rohan, reconstruit le pont en granit de kersanton reposant sur six arches et entreprit de le garnir de constructions : un moulin, une pêcherie, une chapelle, une salle de garde et une prison sont alors édifiés.

Donnant sur une rue très fréquentée, la présence de la prison posait quelques inconvénients aux nombreux passants, et la sécurité n'était que sommaire, car les prisonniers parvenaient à s'en évader en décollant les lames du parquet et en plongeant dans l'Elorn.

Les constructions du Pont de Rohan, de quelque côté qu'on les considère, forment un ensemble architectural typique. Malheureusement, en 1825, un incendie ravage une grande partie de ses immeubles.Landerneau011.jpg

Les façades Est, avec leurs grands pans d'ardoises, ont gardé quelque chose de leur originalité, contrairement aux façades Ouest qui ont souffert des transformations de l'époque moderne.

A noter la présence de la « Maison Gillart », édifiée en 1639, qui a gardé des éléments d'architecture gothique et dont la façade, de style Renaissance, est en pierres de Logonna.

En dépit de ce sinistre et des multiples modifications qu'il a subi, c'est l'un des derniers ponts habités d'Europe.

Du bruit dans Landerneau

L'expression proverbiale « Cela va faire du bruit dans Landerneau » renverrait au tintamarre qui y était donné sous les fenêtres d'une veuve trop vite remariée.

Elle est utilisée quand un événement provoque un grand émoi dans un milieu clos, et par extension on appelle « Landerneau » un milieu considéré comme un club fermé de haut niveau (le « landerneau culturel », le « landerneau économique »).

Selon une autre version, l'expression proviendrait de la prison de Brest, de laquelle était tiré un coup de canon à l'occasion d'une évasion, le bruit étant entendu jusqu'à Landerneau.

A chaque évasion, on pouvait alors dire " cela va faire du bruit dans Landerneau".


 

Source Wikipédia - Wiki Brest

Date de création : 05/10/2006 @ 10:49
Dernière modification : 13/09/2010 @ 17:39
Catégorie : En savoir plus - Bretagne
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